Accrochage d'un chef d'œuvre d'André Masson au Musée national d'art moderne

Accrochage d'un chef d'œuvre d'André Masson au Musée national d'art moderne

> Du 08 Décembre 2011 au 08 Décembre 2011

André Masson, "Gradiva", 1939, huile sur toile, 97 x 130 cm, signé en bas à gauche, Paris, Centre Pompidou, Musée national d'art moderne © Collection Centre Pompidou, Dist. RMN / image Centre Pompidou.


Le Musée national d'art moderne avait acquis en décembre 2010 cette œuvre surréaliste majeure de l'artiste pour la somme record de 2,3 millions d'euros. Cette acquisition vient compléter une collection déjà riche en œuvres de l'artiste, des dessins automatiques des années vingt à la dernière période des années soixante-dix. 

Le Musée vient d'ailleurs de consacrer une grande partie du dernier numéro de ses Cahiers consacré à Carl Einstein à André Masson, à travers une série de textes d'historiens et critiques d'art, révélant l'importance historique de son œuvre dans l'histoire de l'art. 

Nous vous invitons notamment à lire l'analyse du professeur d'histoire de l'art Uwe Fleckner, "Fatigué de l'identité biologique. Carl Einstein, André Masson, Pablo Picasso et la révolte contre la mort" (pages 92-105). L'auteur expose l'intérêt de l'historien et critique d'art allemand Carl Einstein pour l'œuvre d'André Masson: y est notamment reproduit le tableau de Masson intitulé "L'Equarisseur", 1928, conservé à la Kunsthalle de Hambourg, dont les thèmes et la composition sont à rapprocher du tableau "Métamorphoses" de la même année actuellement exposé à la galerie.

"La tâche de l'artiste, désormais, est de faire face au "drame intérieur" qui se joue dans la continuelle métamorphose du sujet et de l'objet, et de lui donner une forme valable dans l'œuvre d'art. Dans certains tableaux, Masson y parvient par des lignes dynamiques, observe Eisntein à propos d'une œuvre de 1928, "L'Equarisseur", dans laquelle l'animal et celui qui l'abat se trouvent décomposés et transposés dans une constellation de lignes qui n'est plus guère déchiffrable. Dans d'autres tableaux en revanche une plus grande rigueur picturale s'impose, afin que l'artiste ne soit pas dépassé par le rite hallucinatoire (...).
Comme on le voit ici, l'histoire de l'art, aux yeux d'Einstein, a trouvé avec la peinture de Masson ce qu'il n'avait cessé d'appeler de ses vœux dans beaucoup de ses écrits des années vingt. Par-delà une simple approche artistique des objets représentés, la puissance de métamorphose des images opère la transformation depuis longtemps attendue du monde et de l'homme (...) qui table réellement, jusque dans le domaine politique et social, sur un bouleversement complet de tout ce qui avait jusque-là empêché l'homme d'accéder à une meilleure compréhension de lui-même et de la réalité".  (pp.100-101) 

Retrouvez quelques-unes des œuvres d'André Masson présentées par la galerie en cliquant sur les images ci-dessous. 



haut de page
FRANCAISENGLISH

Newsletter