Max Ernst Allemand, 1881-1976

Vue d'ensemble

Peintre et sculpteur allemand, cofondateur à la fois du Dadaïsme (Cologne, 1919) et du Surréalisme. Traumatisé par son passage dans l'artillerie allemande durant la Première Guerre mondiale, il fait de l'art un moyen de « retrouver les mythes de son temps ». Installé à Paris dès 1922 après sa rencontre avec Paul Éluard, il rompt avec le groupe surréaliste en 1938 puis fuit l'Europe en guerre pour les États-Unis, aidé par Peggy Guggenheim. Pionnier de techniques semi-automatiques (frottage, grattage, décalcomanie), il développe un Surréalisme personnel, hanté par la forêt et le romantisme allemand, qui donne forme à l'intériorité traumatisée de l'homme du XXe siècle. Consacré par le Grand Prix de la Biennale de Venise (1954) et de nombreuses rétrospectives internationales (Guggenheim, MoMA, Tate, MNAM), il meurt à Paris en 1976.

Oeuvres
  • La Tourangelle
    Max Ernst
    La Tourangelle, 1960
    Polished brass with golden patina
    27 cm
    I/III HC
    Signed, numbered and inscribed with the foundry mark 'Max Ernst I/III, Susse fondeur Paris'
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Biographie

"Max Ernst mourut le 1er août 1914. Il revint à la vie le 11 novembre 1918."

Max Ernst naît en 1891 à Brühl, près de Cologne. 

Enfant, il entretient une relation difficile avec un père autoritaire ; il ira même jusqu’à fuguer en 1896. Au cours de cette fugue, il va être recueilli par des pèlerins qui le prennent pour le fils du Christ. C’est d’ailleurs sous ce costume qu’il avait été représenté dans une peinture par son père. Ainsi, dès son enfance, image et mysticisme apparaissent dans son imaginaire. En grandissant, il entreprend des études de philosophie et de psychologie ; si celles-ci nourrissent sa réflexion sur l’inconscient et les mécanismes de création, elles vont toutefois contribuer à décevoir durablement un père exigeant.  

 

C’est véritablement la Première Guerre mondiale qui marque un tournant dans la vie et dans la production de Max Ernst. Mobilisé dans l’infanterie allemande, cette expérience sera vécue comme un véritable traumatisme. Plus tard, dans des écrits où il évoque cette période, il ira même jusqu’à formuler : “Max Ernst mourut le 1er août 1914. Il revint à la vie le 11 novembre 1918.” En “renaissant” à la fin de la Première Guerre Mondiale, Max Ernst allait pouvoir débuter son engagement artistique. 

 

En effet, au sortir de la guerre, Ernst s’implique dans le mouvement Dada, dont il est l’un des principaux représentants. Ce mouvement prend forme en 1919 à Cologne et s’est construit comme un moyen de protester contre les horreurs et les massacres du temps. Dans l'œuvre d'Ernst contemporaine à cette période, on retrouve notamment des collages, qui expriment sa colère contre la logique rationnelle et la mécanisation, qui ont conduit au désastre de la guerre. 

 

Il faut attendre 1922 et sa rencontre avec Paul Eluard pour que l’artiste vienne s’installer à Paris. Sous l’influence des travaux métaphysiques de Giorgio de Chirico, il se rapproche peu à peu du Surréalisme, alors en pleine émergence. Ernst devient ainsi une figure majeure, à la fois du Dadaïsme, et du Surréalisme. Toutefois, il quittera le mouvement surréaliste en 1938, à la suite des mauvais traitements infligés par André Breton à Eluard. 


Dans les années 40, Ernst est arrêté comme dissident en France. Il parvient à fuir en Espagne, puis aux Etats-Unis, aidé par Peggy Guggenheim, qui devient sa troisième épouse. C’est d’ailleurs lors de cet exil qu’il rencontre celle qui sera sa quatrième femme, la peintre Dorothea Tanning. 

 

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Ernst regagne la France. Cette période sera celle d’un approfondissement de son style surréaliste, alors arrivé à une forme de maturité. 

 

Son oeuvre fait montre d’une pratique plastique inventive. Mêlant collage et peinture, Ernst développe en outre des techniques semi-automatiques qui lui permettent de laisser advenir des formes échappant au contrôle conscient. Ces techniques sont notamment le frottage (mine de crayon appliquée sur différentes surfaces puis réinterprétation des motifs obtenus pour créer des images), le grattage, la décalcomanie, le drip-painting. Certains de ces procédés se rapprochent d’une réinterprétation du ready-made. Il faut en outre souligner l’importance donnée aux scènes de forêt et à la nature dans l’oeuvre d’Ernst ; cela témoigne clairement de l’influence du romantisme allemand sur son imaginaire. 

 

Le Surréalisme d'Ernst se distingue de celui de ses pairs : il ne cherche ni à illustrer de façon figurative une nature “surréelle”, ni à produire des dessins purement automatiques donnant forme au subconscient. De manière semi-consciente, il élabore plutôt des images expressives de l'intériorité traumatisée de l'homme du XXe siècle.

 

La reconnaissance institutionnelle s'affirme dans les années 1950 : en 1954, Ernst reçoit le Grand Prix de peinture à la Biennale de Venise, suivi l'année suivante d'une grande rétrospective au musée Guggenheim de New York. Les rétrospectives se succèdent ensuite : au Musée national d'art moderne à Paris en 1959 (inaugurée par André Malraux), à la Tate Gallery de Londres, ainsi qu'au Museum of Modern Art de New York.

 

Max Ernst meurt le 1er avril 1976 à Paris.