Germaine Richier Française, 1902-1959
En un peu plus de vingt-cinq ans, Germaine Richier transforme ainsi profondément la sculpture figurative. Héritière de la tradition de Rodin et de Bourdelle, elle en conserve la maîtrise du corps et du modelage tout en faisant éclater la figure traditionnelle. Corps fragmentés, êtres hybrides, armatures, fils, couleurs et formes abstraites deviennent les éléments d’un vocabulaire nouveau, dans lequel l’humain entretient un dialogue constant avec l’animal, le végétal et la matière. Son œuvre ouvre ainsi la voie à une sculpture moderne.
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Germaine RichierL'Homme-forêt, 1945Bronze with dark patina43 × 14.5 × 10.5 cm
16 9/10 × 5 7/10 × 4 1/10 in6/8Signed and numbered on the base: G. Richier, 6/8 -
Germaine RichierL'Eau, 1953-1954Bronze with patina147 x 62 x 98 cmSigned on the base and marked "E.A."
Cast in an edition of 6 numbered copies: three HC (classic numbered "HC1" to "HC3") and one "EA."
Foundry: Susse, Paris.
Germaine Richier est une sculptrice française née en 1902 et morte en 1959.
Elle se forme au modelage et à la statuaire à l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier ; elle rejoint Paris en 1926. C’est alors qu’elle entre dans l’atelier d’Antoine Bourdelle. Elle est d’ailleurs l’une de ses rares élèves particulières. Elle commence à développer une connaissance approfondie du corps humain, ainsi que des techniques traditionnelles de la sculpture ; ce sont d’ailleurs deux éléments qu’elle cherchera à dépasser dans la création d’un langage artistique qui lui est propre.
A partir des années 30, son oeuvre est principalement centrée sur la figure humaine. Elle en explore les possibilités formelles, notamment à travers des nus et des bustes. Sa reconnaissance internationale est assez rapide : elle reçoit notamment le prix Blumenthal de sculpture en 1936.
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans son travail. A la déclaration de guerre, elle se trouvait en Suisse avec son mari, le sculpteur Otto Banninger ; elle y reste et y poursuit ses recherches. Ses figures se font de plus en plus tourmentées, fragmentées, et les corps qu’elle représente correspondent de moins en moins aux canons de la sculpture académique.
À partir de 1939, avec Le Crapaud puis L’Homme-forêt, Richier introduit dans son univers le monde animal et végétal. Elle invente ainsi des êtres hybrides, à mi-chemin entre l’humain, l’animal et la nature, qui deviennent l’une des caractéristiques majeures de son œuvre. Dans ces sculptures, le corps n’est plus seulement représenté : il est métamorphosé, ses fragilités et son étrangeté sont soulignées. A cette période, elle travaille également sur la question du mouvement ; non en cherchant à reproduire un mouvement précis, mais en mettant ses figures dans un état de tension, d’instabilité.
Elle revient à Paris en 1946. Cela ouvre pour elle une période de création particulièrement intense. Ses figures hybrides continuent à peupler ses recherches, mais elle développe aussi de nouvelles manières de construire la sculpture, avec des fils et des armatures métalliques notamment. Sa sculpture paraît se libérer de la masse traditionnelle.
Même si elles se tournent vers l’abstraction, ses sculptures conservent une forme de présence humaine.
En 1950, Richier reçoit la commande d’un Christ destiné à l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du Plateau d’Assy. Le Christ d’Assy, dont la figure décharnée et tourmentée rompt avec les représentations traditionnelles du Christ, provoque en 1951 une violente controverse et est retiré de l’église sous la pression de milieux catholiques traditionalistes.
En 1951, Germaine Richier reçoit le premier prix de sculpture à la Biennale de São Paulo. En 1956, Jean Cassou l’invite à présenter son travail au Musée national d’art moderne à Paris : elle devient la première femme artiste exposée de son vivant dans cette institution.
Elle meurt prématurément en 1959.
En un peu plus de vingt-cinq ans, Germaine Richier transforme ainsi profondément la sculpture figurative. Héritière de la tradition de Rodin et de Bourdelle, elle en conserve la maîtrise du corps et du modelage tout en faisant éclater la figure traditionnelle. Corps fragmentés, êtres hybrides, armatures, fils, couleurs et formes abstraites deviennent les éléments d’un vocabulaire nouveau, dans lequel l’humain entretient un dialogue constant avec l’animal, le végétal et la matière. Son œuvre ouvre ainsi la voie à une sculpture moderne.