Marcel Janco Roumain, 1895-1984

Vue d'ensemble

Peintre, sculpteur, architecte et graphiste, Marcel Janco fut l’un des membres fondateurs du mouvement révolutionnaire Dada. Ami de lycée de Tristan Tzara, avec lequel il avait déjà collaboré, Marcel Janco a contribué au Dada Zürich par ses gravures sur bois et ses couvertures de revues, ainsi que par ses décors pour les spectacles du Cabaret Voltaire : des reliefs, des masques ludiques inspirés des carnavals et des costumes.

Janco a créé ses premiers reliefs en 1916, parallèlement à Jean Arp. Architecte de formation et ancien étudiant de l’ETH de Zurich, il voit dans ses reliefs un moyen de rompre avec la tradition esthétique occidentale, l’un des objectifs du dadaïsme. Sculptés dans du plâtre, et parfois à partir de morceaux de bois abîmés, ces reliefs sont composés de plans aux couleurs vives, contrastant avec des parties blanches et non peintes. En tant que genre, le relief se situe à la frontière entre la peinture et la sculpture. Dans une conférence donnée en 1918 sur la relation entre l’art abstrait et l’architecture, Janco expliqua que ses créations découlaient de l’interaction entre les plans et les surfaces de son œuvre architecturale. Lorsqu’ils sont intégrés au mur, ces reliefs peints deviennent de l’architecture.

Oeuvres
  • Composition Fleurie
    Marcel Janco
    Composition Fleurie
    Plaster and oil on sack-cloth
    50.5 x 61 cm
    Signed and dated "Janco 1920" on the lower right.
Evénements
Biographie

Marcel Janco naît à Bucarest en 1895. Peintre, sculpteur, architecte et graphiste, il manifeste un goût pour l’art très tôt. Il fréquente les milieux artistique et avant-gardistes, en se liant notamment à des revues d’avant-garde dès 1910. En effet, il collabore dès ces années-là avec Tristan Tzara, confondant une revue ; ce premier partenariat préfigure la complicité intellectuelle entre Tzara et Janco, qui se poursuivra plus tard à Zurich. 

C’est d’ailleurs à Zurich, au cours de ses études d’architecture, qu’il rencontre certains pionniers de l’art contemporain. Cette ville, grâce à sa neutralité, fait figure de refuge pour de nombreux artistes et intellectuels exilés par la Première Guerre Mondiale. 

Janco rejoint le cercle d’artistes et d’intellectuels réuni au cours du Cabaret Voltaire, aux côtés de Tzara. C’est là que naît le mouvement Dada en 1916. Dès cette époque, Janco développe ses premiers reliefs peints, en parallèle de Jean Arp, et continue à travailler des compositions abstraites. Sa formation d’architecture transparaît dans toute son oeuvre ; dans une conférence donnée en 1918 sur la relation entre l’art abstrait et l’architecture, Janco expliqua que ses créations découlaient de l’interaction entre les plans et les surfaces de son œuvre architecturale. Lorsqu’ils sont intégrés au mur, ces reliefs peints deviennent de l’architecture.

Il se sépare du mouvement Dada en 1919, le jugeant stérile, et se rapproche du constructivisme, aux côtés d’Arp. 

Il prend également ses distances avec le Surréalisme après un séjour à Paris entre 1920 et 1922. A son retour à Bucarest en 1923, il y importe le mouvement Dada ; dans une revue qu’il anime avec Ion Vinea, il mêle constructivisme, futurisme et cubisme. 

En 1941, face à la montée de l'antisémitisme et aux persécutions visant les Juifs de Roumanie, Janco émigre avec sa famille en Palestine sous mandat britannique. La lumière méditerranéenne transforme profondément sa peinture comme son travail d'architecte. Il participe en 1948 à la fondation du groupe New Horizons, qui structure l'art moderne israélien naissant, puis fonde en 1953 le village d'artistes d'Ein Hod, au pied du mont Carmel, près de Haïfa — une communauté toujours active aujourd'hui.

Une rétrospective lui est consacrée au musée de Tel Aviv en 1972. Marcel Janco meurt à Tel-Aviv en 1984, à l'âge de 88 ans. L'année suivante s'ouvre à Ein Hod le musée Janco-Dada, qui conserve son œuvre et perpétue l'histoire du mouvement qu'il a contribué à fonder.