Chu Teh-Chun Chinois - Français, 1920-2014
Dans les années 1960, Chu Teh-Chun développe un important travail à la gouache, complémentaire de sa peinture mais doté d’une véritable autonomie. Ses compositions abstraites associent un trait calligraphique, hérité de la tradition chinoise, à des formes libres et dynamiques influencées notamment par Hans Hartung et Nicolas de Staël.
Tout en s’inscrivant dans l’abstraction occidentale, Chu conserve dans ses compositions une forte inspiration de la peinture chinoise à l’encre : profondeur atmosphérique, paysages suggérés et liberté du geste. Son œuvre réalise ainsi une synthèse originale entre abstraction occidentale et tradition picturale chinoise.
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Chu Teh-ChunComposition (N°230), 1965Gouache on paper laid on canvas
50 x 65 cm
19 7/10 × 25 3/5 inSigned and dated in French and in pinyin on the lower right -
Chu Teh-ChunSans titre , 1994Ink on paper45 × 34 cm
17 7/10 × 13 2/5 inSigned and dated on the lower left, in both French and Chinese characters
Le travail à la gouache de Chu Teh-Chun aux années ’60 est complémentaire à son oeuvre peint, tout en restant autonome. À cette époque, on retrouve de manière récurrente au coeur de ses compositions un faisceau de lignes dont le tracé procède de la calligraphie qu’il continue à pratiquer dans son atelier durant toute sa vie. Mais aussi les formes libres, nerveuses et dynamiques de Hans Hartung ou les grandes formes plates, flottantes de Nicolas de Staël, dont le trac ail l’artiste a pu admirer à son arrivée à Paris en 1956 durant la première rétrospective après la mort de l’artiste. Au sein de ces masses colorées antithétiques ou complémentaires, des sources multiples de lumière se diffusent la ligne calligraphique s’affirme comme
lien de la composition. C’est le choc devant la peinture de Nicolas de Staël au Musée d’art moderne de la ville de Paris qu’incite Chu Teh-Chun à réfléchir sur la non figuration, revendiquant l’étiquette de peintre abstrait. Cette rencontre demeure un événement majeur de sa carrière artistique. Néanmoins, l’artiste garde, dans ses compositions nébuleuses, presque cosmiques, le souvenir des paysages de la peinture à l’encre Chinoise : une profondeur atmosphérique, la liberté du trait. Le trait vaste et puissant d’un grand pinceau coexiste avec la souplesse d’une pointe plus fine et dynamique. Chu Teh-Chun reste l’un des principaux hérauts d’une synthèse entre le peinture occidentale et la tradition millénaire chinoise.
Le milieu des années ’60 représentent aussi le début d’une reconnaissance artistique en Europe. Il est représenté par la Galerie Legendre à Paris, qui lui consacre plusieurs expositions monographiques, dont une dédiée à ses gouaches en 1962 L’artiste enchaîne les expositions internationales à Milan, à Lucerne et en Allemagne, et il participe à l’exposition collective du Carnegie Muséum of Art à Pittsburg et à la Cité universitaire de Paris.