Simon Hantaï Français, 1922-2008
Simon Hantaï compte parmi les représentants les plus importants de la peinture moderne d’après-guerre. En 1948, l’artiste hongrois émigre à Paris, où il évolue rapidement dans le milieu de l’avant-garde montante. Après une première phase surréaliste, il se tourne, dans les années 1950, vers la peinture informelle et se confronte en même temps de manière intensive à l’œuvre de Jackson Pollock.
L’année 1960 marque un tournant dans le travail de Hantaï : à partir de ce moment, il concentre ses recherches radicalement expérimentales sur le « pliage comme méthode »– des œuvres dans lesquelles il couvre la toile pliée de peinture à l’huile ou acrylique afin de faire surgir des motifs lumineux et colorés issus du hasard. En 1980, Hantaï reçoit le Grand Prix National des Arts Plastiques ; deux ans plus tard, il représente son pays d’adoption à la Biennale de Venise.
Simon Hantaï naît à Bia, en Hongrie en 1922.
Entré aux Beaux-Arts de Budapest en 1941, sa vie étudiante sera placée sous le signe de son engagement : il manifeste notamment publiquement sa désapprobation au gouvernement hongrois, collaborant alors avec l’Allemagne nazie. La Hongrie libérée par les troupes soviétiques, Hantaï s’inscrit au parti communiste magyar. C’est d’ailleurs dans ce contexte politique incertain que Hantaï et sa femme s’installent à Paris, à la suite d’une bourse d’étude non versée.
Son arrivée à Paris marque une période d’apprentissage et d’expérimentation intenses. Dans les musées, dans les galeries, il découvre les œuvres des peintres de l’Ecole de Paris, mais aussi celles des surréalistes – dont le mouvement est en pleine reconstruction à l’époque – et des artistes américains. Les débats autour de l’abstraction et de la figuration sont au coeur de la scène artistique de l’époque. Hantaï se rapproche du mouvement Surréaliste, par l’entremise d’André Breton ; cette appartenance au groupe ne durera toutefois que trois années, puisqu’il rompra avec les surréalistes en 1955. Ses premières oeuvres parisiennes témoignent de ces influences multiples, desquelles il s’éloignera progressivement pour développer des recherches plus proches de l’abstraction informelles.
La matière, le geste, la multiplicité des possibilités offertes par la peintures commencent à apparaître comme des territoires d’exploration pour Hantaï, qui s’intéresse attentivement au travail de Jackson Pollock. C’est au début des années 1960 que le peintre opère un tournant radical, en développant ce qu’il nomme le “pliage comme méthode”. L’artiste ne peint alors plus sur une toile tendue : il la froisse ou la plie de multiples fois, avant d’y appliquer la peinture. Une fois dépliée, la toile n’est que partiellement recouverte ; l’artiste ne maîtrise ainsi plus complètement les formes et motifs formés et joue avec le hasard et les propriétés physiques du support.
Cette nouvelle méthode bouleverse le rapport traditionnel entre l’artiste et son oeuvre, puisqu’il crée les conditions de l’apparition de l’image, tout en adoptant une posture tributaire du hasard. La volonté de l’artiste est alors inextricablement liée à des paramètres aléatoires et aux accidents de la matière.
En 1980, il reçoit le Grand Prix national des arts plastiques et représente la France à la Biennale de Venise en 1982. Après cette période de reconnaissance internationale, Hantaï se retire progressivement de la scène artistique et cesse d’exposer régulièrement, poursuivant néanmoins ses recherches jusqu’à sa mort en 2008.