Hans Hartung Français - Allemand, 1904-1989
Peintre allemand né à Leipzig, précocement abstrait dès ses aquarelles de jeunesse (1922), formé à Dresde où la découverte de la peinture française, de l'impressionnisme au cubisme, marque durablement son travail. Installé définitivement à Paris en 1935 après un exil forcé, il s'engage dans la Légion étrangère en 1939 et perd une jambe au combat en 1944. Reconnu à partir de 1949 comme l'une des figures majeures de l'art informel aux côtés de Soulages et Mathieu, il est consacré en 1960 par le Grand Prix de la Biennale de Venise. À partir de 1961, installé à Antibes, il opère une rupture technique décisive qui donne à sa peinture une liberté gestuelle totale, sans plus aucun rapport au monde visible. Malgré une santé déclinante, les années 1970-80 comptent parmi les plus puissantes de son œuvre ; il meurt à Antibes en 1989.
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Hans Hartung naît en 1904 à Leipzig.
Il réalise des peintures abstraites dès 1922, alors qu’il n’a pas encore vingt ans. L’on y trouve déjà les lignes et taches colorées qui deviendront sa signature. Il se forme, au début des années 20, en littérature classique, philosophie et histoire de l’art, à Leipzig. Durant ses études, il assiste notamment à une conférence de Kandinsky. Puis, vers 1925, il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde. C’est alors qu’il découvre la peinture française, de l’impressionnisme au cubisme. Cette découverte va durablement marquer son travail.
A l’été 1926, il rejoint l’Italie en bicyclette, puis part s’installer à Paris, où il restera jusqu’en 1931. C’est d’ailleurs à cette époque qu’il rencontre Anna-Eva Bergman, une jeune peintre norvégienne qu’il épouse en septembre 1929. Il expose pour la première fois à Dresde, puis à Oslo aux côtés d'Anna-Eva.
En 1935, dans le contexte de la montée du nazisme, il est forcé de revenir à Berlin, avant de pouvoir s’installer définitivement à Paris. Durant cette période, il côtoie Kandinsky, Mondrian, Miró et Calder. Il expose au Salon des Surindépendants. Il se sépare d’Anna-Eva Bergman, au moment où il se rapproche du sculpteur Julio Gonzales et de sa fille Roberta. Il épousera cette dernière en 1939 ; la même année il s’engage dans la Légion étrangère. Cet engagement lui coûtera sa jambe droite, qu’il perd suite à une blessure au combat.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, il ne peut pas peindre ; de ces années d’impossibilité, une frustration le fera se remettre au travail dès 1945. Il est alors prolifique, et n’hésite pas à expérimenter : compositions colorées, faisceaux de lignes calligraphiques commencent à entrer dans son vocabulaire artistique.
À partir de 1949, Hartung accède à une reconnaissance internationale grandissante, avec des expositions à Paris, Bruxelles, Munich et Bâle. Il y côtoie Soulages, Rothko et Mathieu, et s'impose comme l'une des figures de proue de l'art informel. Cette consécration culmine en 1960 : à la XXXe Biennale de Venise, où il présente près de cinquante œuvres dans le pavillon français, il reçoit le Grand Prix international de peinture, aux côtés de Jean Fautrier a même année, il est fait chevalier des Arts et des Lettres par la République française. Cette double reconnaissance semble lui donner l'assurance nécessaire pour s'affranchir, peu après, de ses esquisses préparatoires.
A partir de 1961, une nouvelle manière peut être constatée dans les œuvres de Hartung.
Il adopte de nouveaux outils et procédés : pulvérisation, pinceaux fabriqués par ses soins, griffures directement pratiquées sur la toile. Il intègre également des matériaux industriels, pigments acryliques à séchage rapide et spray aérosol, pour obtenir des dégradés proches du brouillard. A partir de cette décennie, Hartung abandonne définitivement le dessin préparatoire pour opérer directement sur la toile. Ses œuvres n’ont alors plus aucun rapport avec le monde visible, et ne se réfèrent, selon lui, qu’à elles-mêmes.
Installé à partir de 1961 à Antibes avec Anna-Eva Bergman, qu'il a retrouvée et épousée en secondes noces, il continue d'exposer largement : une exposition lui est consacrée en 1971 à la Fondation Maeght, dont le critique Jean Clair analyse le travail dans le catalogue, puis en 1975 au Metropolitan Museum de New York. En 1976, l'ouverture du Centre Pompidou marque l'entrée de ses œuvres dans les collections nationales, avant qu'une première rétrospective ne lui soit consacrée en 1980 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris.
Les années 1970 et 1980, en dépit d'une santé déclinante, sont paradoxalement celles d'une production picturale particulièrement intense : la perte de sa jambe pendant la guerre rendant ses déplacements de plus en plus difficiles, Hartung travaille désormais assis, attaquant directement la surface de toiles de très grand format à l'aide de ses outils. Cette dernière décennie de sa vie, où la peinture prime sur la gravure et le dessin, est considérée comme l'une des périodes les plus puissantes et les plus expressives de son œuvre. Hans Hartung continue de travailler jusqu'à la toute fin de sa vie ; il meurt à Antibes en 1989.