Alain Jacquet Français, 1938-2009

Vue d'ensemble

Alain Jacquet est un artiste français, né en 1939 et mort en 2008. Son œuvre se caractérise par une volonté constante de déplacer les frontières entre les différents régimes de l’image : entre abstraction et figuration, original et reproduction, culture savante et culture populaire, geste artistique et procédé mécanique. En faisant de la transformation et de la circulation des images le cœur de sa pratique, Jacquet développe ainsi une œuvre qui anticipe certaines des interrogations de l’art contemporain sur l’appropriation, la multiplication et la dématérialisation de l’image. Acteur du Mec’Art et parfois rapproché du Pop Art, tout en s’en tenant éloigné, il réalise notamment la série des Camouflages, faisant dialoguer culture populaire et grandes oeuvres de l’histoire de l’art. Il est présent dès les années 1960 dans plusieurs manifestations internationales majeures. 

Oeuvres
  • La Source d'après Ingres
    Alain Jacquet
    La Source d'après Ingres, 1965-2004
    Silkscreen on canvas
    168 × 85.5 cm
    Edition of 30, all unique variants
    Signed «Alain Jacquet » on the reverse Inscribed «AJ-LAS-65-04-3 »
Evénements
Biographie

Alain Jacquet est un artiste français ; il naît en 1939 et meurt en 2008 à New York. 

Il se forme durant deux ans à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, entre 1959 et 1961, dans la section d’architecture. C’est seulement après qu’il se tourne vers la peinture. Très vite, il fréquente le cercle des artistes et théoriciens qui procèdent alors au renouvellement de la scène artistique française. Il est notamment proche d’Yves Klein, Jean Tinguely, Niki de Saint Phalle et Pierre Restany. 

Il commence à produire dès le début des années 60. Son intérêt pour l’abstraction transparaît dès ses premières productions ; l’on y voit aussi une recherche autour de la notion de décomposition de l’image. Il commence sa série des Images d’Epinal en 1962. Dans cette série, il reprend des représentations populaires, les fragmente et les transforme, ce jusqu’à rendre floue la frontière entre figuration et abstraction. 

C’est à partir de 1963 qu’il commence à développer les Camouflages. Cette série deviendra emblématique de sa production. Le principe est le suivant : il fait se rencontrer des images provenant d’univers visuels drastiquement opposés. Il reprend des chefs-d’oeuvres de l’histoire de l’art, des images publicitaires, de la culture populaire… En confrontant ces références, il crée des images où les motifs se dissimulent et se révèlent simultanément. Au coeur de sa réflexion, la hiérarchie traditionnellement construite entre culture savante et culture populaire ; ainsi que la manière dont les images peuvent s’installer, mais aussi se modifier, dans notre mémoire collective. 

Une oeuvre représentative de ces travaux est Le Déjeuner sur l’herbe, réalisé en 1964. Cette oeuvre reprend la composition du tableau de Manet à partir d’une photographie et la transforme par l’emploi de la sérigraphie. Cette oeuvre devient une réalisation majeure du Mec’Art, courant fondé sur l’utilisation de procédés mécaniques de reproduction de l’image. 

C’est d’ailleurs à cette époque que la sérigraphie et les techniques mécaniques s’imposent dans sin travail. Jacquet vit à New York depuis 1964 ; il y découvre la scène du Pop Art américain, et rencontre Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Robert Rauschenberg. Toutefois, il gardera toujours une certaine distance vis-à-vis de ce mouvement, tout en partageant avec lui un intérêt pour la multiplication des images et leur circulation dans la société contemporaine. Il fonde alors son propre atelier de sérigraphie, où il expérimente notamment à propos de l’agrandissement et de la répétition des images, produisant des images qui cessent d’être immédiatement lisibles, mais qui apparaissent comme des ensembles de points, lignes et surfaces, à mi-chemin entre figuration et abstraction. 

Son champ d’expérimentation prend encore de l’ampleur à la fin des années 60, lorsqu’il commence à s’intéresser au braille et à différents systèmes de signes et symboles. Il développe notamment les Visions de la Terre : l’image de la plan§et devient le support de compositions mêlant cartographie, figures… Il superpose et recompose une multitude d’images sur la Terre, plutôt que de la traîter simplement comme sujet de représentation. 

À partir de la fin des années 1980, il s’intéresse aux possibilités offertes par les nouvelles technologies et travaille notamment sur des images de la Terre issues de programmes spatiaux américains et soviétiques. À l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, il participe au programme consacré aux nouvelles technologies et explore progressivement l’ordinateur comme nouvel outil de création. La machine devient alors partie intégrante du processus artistique : elle permet de transformer, multiplier et recomposer les images, prolongeant les recherches qu’il mène depuis les années 1960 sur la reproduction et la perception. Les dernières années de sa carrière sont ainsi marquées par un dialogue constant entre peinture, sérigraphie et outils numériques.

Présent dès les années 1960 dans plusieurs manifestations internationales majeures, notamment la Biennale de São Paulo, la Documenta de Kassel et la Biennale de Venise, Alain Jacquet fait progressivement l’objet de rétrospectives au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Centre Pompidou et au MAMAC de Nice.