Pierre Jahan (1909-2003) - Rétrospective

24 Octobre - 23 Décembre 2026
Vue d'ensemble

La Galerie Jean-François Cazeau, installée à Paris dans le Marais depuis 2009, dresse des ponts entre les Maîtres Modernes et l’art de l’après-guerre des deux côtés de l’Atlantique, tout en s’ouvrant à l’art contemporain. Pour sa première participation à Paris Photo du 12 au 15 novembre 2026 au Grand Palais, et en vue du Bicentenaire de la Photographie (2026-2027), la galerie — qui a reçu le label du ministère de la Culture pour cet événement anniversaire — présentera une exposition rétrospective autour du photographe humaniste et surréaliste Pierre Jahan (1909-2003). Une sélection d’une quarantaine de photographies, illustrant les différentes techniques utilisées par l’artiste ainsi que ses diverses expérimentations, permettra de redécouvrir les multiples facettes de son œuvre. 

 

Né en 1909, Pierre Jahan fait partie d’une génération de pionniers de la photographie qui considère cette dernière non plus comme une pratique scientifique ou technique, mais un art du plaisir et de liberté. Ainsi, il rejoint Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Lee Miller, Laszlo Moholy- Nagy, Dora Maar ou leurs confrères de l’autre côté de l’Atlantique, comme Alfred Stieglitz, dans la quête de reconnaissance de la photographie comme un art à part entière, doté de ses propres possibilités plastiques et expressives. Pierre Jahan est une personnalité protéiforme de l’avant- garde, inclassable, considérant la photographie comme terrain d’exercice, la seule loi étant le plaisir de l’œil et de la main. S’il ne revendique jamais de dogme, préférant toujours garder sa liberté, la fantaisie reste néanmoins le fil conducteur de son œuvre. Il marie la pulsion de la vie et ses ressorts de création et n’hésite pas à expérimenter de nouvelles techniques comme le rayogramme, le photogramme, la surimpression, le photomontage et le photocollage.

 

Installé définitivement à Paris en 1933, Pierre Jahan rejoint des photographes comme Brassaï, Robert Doisneau et Henri Cartier-Bresson, désireux de donner à voir un Paris autrement, sous toutes ses facettes. Il passe des images enracinées dans le monde réel, parfois impitoyables, comme ses clichés de l’Occupation ou du combat pour la Libération de Paris, à ses fantaisies imaginaires, pleines d’humour parfois. Pierre Jahan a le rare talent de pouvoir se glisser de manière transparente entre les mondes disparates de la photographie de reportage et du surréalisme, en particulier à une époque où les idéologies artistiques se déploient de manière militante dans des manifestes successifs. 

 

L’œuvre de Jahan traverse le XXe siècle de biais, sans contrainte. Elle est parfois grave et métaphorique, parfois vagabonde et ludique, toujours pleine de lyrisme. L’artiste pratique et pousse à leur limite toutes les techniques photographiques offertes par son temps – un vrai terrain d’exercice - pour créer une œuvre à la fois ancrée dans le surréalisme et en même temps résolument singulière.

 

Oeuvres